Hôpitaux Parisiens: Les SMS post-opératoires viennent d’un robot

L’ambulatoire géré par l’intelligence artificielle

Et si le chatbot ou “robot conversationnel” était l’une des solutions pour prendre le virage de l’ambulatoire ? C’est la conviction de plus d’une centaine d’hôpitaux publics et privés en France et à l’étranger, dont les centres de l’APHP avant la fin 2018. Ils font confiance à MemoQuest, un robot logiciel faisant appel à l’Intelligence Artificielle afin de dialoguer avec les patients en pré et postopératoire. 

Accélérer la montée en puissance de l’hospitalisation ambulatoire grâce au numérique. Une idée pour faire face au défi d’un taux de chirurgie ambulatoire de 70% en 2022, à effectifs constants. Afin de recentrer les équipes médicales sur le cœur de leur métier – le soin- la startup CALMEDICA propose d’accompagner tous les patients en pré et post-opératoire grâce à un robot. MemoQuest est un chatbot fondé sur de l’intelligence artificielle qui permet le suivi automatisé et personnalisé à domicile des patients. Il engage une conversation par SMS sur téléphone mobile, individualise ses conseils et détecte – en analysant les réponses alarmantes, incomprises ou même l’absence de réponse – les patients qui nécessitent une intervention de l’équipe médicale.

Déjà 500 000 patients ont été suivis par chatbot, toutes opérations confondues. Expérimenté dans le service de chirurgie ambulatoire de l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP), MemoQuest a amélioré la qualité de la prise en charge : le taux de réponse des patients sollicités est de 95%, contre 60% (après trois tentatives de l’infirmière). En moyenne, ce taux varie entre 90% et 96% en fonction de l’établissement, quel que soit l’âge des patients et leur catégorie socio-professionnelle. Cela signifie qu’au moins 90% des patients sont intégralement suivis par le robot en pré et post-opératoire.

Parmi les patients ayant répondu, environ 5% déclenchent des alertes (réponses incomprises par le robot, dépassement de seuil). Nous estimons que le chatbot épargne neuf appels infirmiers sur dix .

Alexis Hernot, co-fondateur de CALMEDICA

De plus, les retards des patients sont divisés par dix et le respect des consignes augmente de 30%. Point fort, les patients ont une nette préférence pour le chatbot SMS : moins de 10% de ceux qui ont reçu des SMS auraient préféré un appel de l’infirmier. Ces résultats ont été confortés par une étude du Pr Karem Slim (CHU de Clermont Ferrand) dans le cadre de la Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie.